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À Grignan, on retrouve Madame de Sévigné en quatre endroits. Sa tombe est dans la collégiale Saint-Sauveur, en entrée libre. Sa chambre et le cabinet où elle écrivait se visitent au deuxième étage du château, ouvert en 2026. Sa statue surmonte la fontaine de la place Sévigné, devant la mairie. Et pour les 400 ans de sa naissance, ses lettres sont affichées sur les murs du village.
Une mère qui écrit à sa fille partie en Provence
Marie de Rabutin-Chantal naît à Paris le 5 février 1626. Mariée à 18 ans à Henri de Sévigné, elle est veuve à 25 ans, en 1651, quand il meurt en duel. Elle a deux enfants, Charles et Françoise-Marguerite. En 1669, sa fille épouse François de Castellane Adhémar, comte de Grignan, lieutenant général du roi en Provence. Le 4 février 1671, la jeune comtesse quitte Paris pour le rejoindre. Deux jours plus tard, sa mère lui écrit sa première lettre.
Des centaines suivront, pendant 25 ans, avec les nouvelles de la cour, les chagrins de l'absence et les potins du temps. Elle ne les publie pas de son vivant. Les premières éditions paraissent après sa mort, en 1725 et 1726, incomplètes et arrangées, et celle de 1734 réunit 614 lettres. Ce sont ces lettres qui ont fait sa célébrité, et pour une part celle de Grignan.
Trois séjours au château jusqu'à sa mort en 1696
La comtesse fait aménager en 1672 un appartement pour recevoir sa mère, au deuxième étage du château. La marquise y fait trois longs séjours entre 1672 et 1696. Elle aime le beau cabinet de la vieille tour, au-dessus de la cour d'honneur, où elle lit et écrit. « Je suis dans cette chambre, dans ce beau cabinet, où vous m'avez vue entourée de toutes ces belles vues », écrit-elle le 19 juin 1695.
Elle meurt au château le 17 avril 1696, lors de son troisième séjour. Cet appartement fait partie depuis 2026 de la visite libre, avec près de 500 m² consacrés au 17e siècle. Horaires et tarifs sont sur notre page le château de Grignan.

La tombe de la collégiale et l'énigme de 1793
La marquise est inhumée dans le caveau des Adhémar, sous la collégiale Saint-Sauveur, que Louis Adhémar avait fait bâtir au 16e siècle sous la terrasse de son château. Une plaque de marbre près du maître-autel signale sa sépulture. L'église est en entrée libre. Du château, le chemin de ronde mène directement à son parvis.
En 1793, la République manque de métal et fait ouvrir les caveaux des familles nobles pour récupérer le plomb des cercueils. Des récits du 19e siècle racontent que la marquise aurait été reconnue à sa robe, que des habitants auraient emporté des cheveux, une dent ou des morceaux d'étoffe, et qu'on aurait retrouvé son crâne scié en deux. Le curé et des notables soutinrent ensuite que son corps reposait ailleurs dans l'église. Aucun historien n'a tranché, et aucune archive ne permet de suivre ces reliques.
Ses lettres affichées sur les murs du village
Pour l'année des 400 ans, des panneaux portant le logo « Sévigné 2026 » reproduisent ses lettres sur les façades. L'un reprend celle du 4 mars 1671, écrite de Paris à sa fille, qui venait de traverser le Rhône sous le pont d'Avignon par grand vent : « Ce Rhône qui fait peur à tout le monde ! » Un autre donne la lettre du 3 février 1695 à son cousin Coulanges, où elle décrit l'hiver de Grignan, « cent fois plus de froid ici qu'à Paris », et des écritoires gelées. Les lire au fil de la promenade fait un bon complément à la visite du château.

La statue de 1857 sur la place Sévigné
La statue de bronze qui domine la fontaine de la place Sévigné, devant la mairie, est l'œuvre du sculpteur Louis Rochet. Elle est érigée en 1857 à l'initiative du maire François-Auguste Ducros, après une souscription, et inscrite aux monuments historiques en 2016. La marquise est assise, une plume dans la main droite et une lettre dans la gauche, et l'eau coule dans le bassin par quatre masques à tête de lion.
L'année Sévigné et le Festival de la Correspondance
Le département, les Châteaux de la Drôme et la ville fêtent en 2026 les 400 ans de sa naissance. Il reste au programme l'exposition Madame de Sévigné et la mode au château, jusqu'au 31 mars 2027, les visites sur le procès de Fouquet pendant les vacances de la Toussaint, jusqu'au 1er novembre 2026, et le Noël de Madame de Sévigné du 28 novembre 2026 au 3 janvier 2027. Le détail est dans notre agenda de Grignan.
Chaque début juillet, le Festival de la Correspondance fait lire en public des correspondances de toutes les époques. La 31e édition aura lieu du 5 au 10 juillet 2027, sur le thème des liens familiaux.
Questions fréquentes
Où est enterrée Madame de Sévigné ?
Dans la collégiale Saint-Sauveur de Grignan, l'église bâtie sous la terrasse du château, dans le caveau des Adhémar. Une plaque de marbre près du maître-autel signale sa sépulture. Le caveau a été ouvert en 1793 et personne ne sait avec certitude ce qu'il reste d'elle.
Pourquoi Madame de Sévigné est-elle liée à Grignan ?
Sa fille Françoise-Marguerite épouse en 1669 le comte de Grignan et part vivre en Provence en 1671. La marquise lui écrit des centaines de lettres, vient trois fois séjourner au château et y meurt le 17 avril 1696.
Peut-on visiter la chambre de Madame de Sévigné au château ?
Oui. Depuis 2026, le deuxième étage du château présente l'appartement qu'elle occupait, avec sa chambre et le beau cabinet où elle écrivait. Il fait partie de la visite libre à 10 euros.
La collégiale où repose Madame de Sévigné se visite-t-elle ?
Oui, l'entrée est libre. On y monte par les ruelles du village, ou on y descend du château par le chemin de ronde, qui mène au parvis.
Quand a lieu le Festival de la Correspondance de Grignan ?
Chaque début juillet. La 31e édition se tiendra du 5 au 10 juillet 2027, sur le thème des liens familiaux.
Nos sources
- Séjours, appartement, mort au château, lettre du 19 juin 1695 et année Sévigné : site officiel du château de Grignan, relevé le 18 octobre 2026. https://www.chateaudegrignan.fr/le-chateau/le-parcours-de-visite-2/2eme-etage/
- Tombe, ouverture des caveaux en 1793 et récits des reliques : ICI Drôme Ardèche, 23 juin 2026. https://www.ici.fr/emissions/mais-pourquoi-daphne/pourquoi-le-tombeau-de-madame-de-sevigne-alimente-t-il-encore-les-polemiques-a-grignan-5495642
- Naissance, mariage, veuvage, départ de la comtesse et éditions des lettres : Wikipédia. https://fr.wikipedia.org/wiki/Madame_de_S%C3%A9vign%C3%A9
- Statue de 1857 : base Mérimée, ministère de la Culture, notice PA26000032. https://pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA26000032
- Festival 2027 : Festival de la Correspondance de Grignan. https://www.grignan-festivalcorrespondance.com/
- Lettres du 4 mars 1671 et du 3 février 1695 : panneaux de l'année Sévigné dans le village, photographiés le 4 octobre 2026.
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